Interview – les Minarik-Marchildon

Les Minarik-Marchildon, c’est:

Elenor, qui termine sa 6e année dans la classe de Lucie. Elle a fait tout son primaire à l’Étoile filante (dans la classe de Michäel/Marie-José au 1er cycle et de Nadia au 2e cycle) et commencera son secondaire au Collège Notre-Dame en septembre.

Nathalie, qui est traductrice à la pige et fière coéducatrice à l’Étoile filante (jusqu’au 21 juin…)

Bill, qui est professeur de géologie à l’Université McGill et un mordu d’espace, de techno et d’informatique.

Quelle est (a été) votre implication à l’ÉF? (classe, ateliers, comités, etc.)Des projets mémorables?

Bill : J’ai fait quelques ateliers, sur deux thèmes : un de fabrication de cartes de souhait avec des batteries et des DEL, qui s’illuminent quand on les ouvre, et l’autre, de fabrication de petits microscopes en carton (« foldscopes ») pouvant être utilisés pour regarder des objets microscopiques. J’ai remis de l’ordre dans les trousses de robotique (Lego Mindstorm), qui avaient été laissées en désordre après des activités passées. J’ai aussi aidé les élèves à construire les modules et à planter de plants dans la cour.

Nathalie : Un peu de tout, présence en classe (matinées-parents, présentations sur des sujets divers, génies en herbes au 3e cycle, soutien pour des activités et projets), animation et supervision d’ateliers (scientifiques et génies en herbes), accompagnement à des sorties et à la classe-neige à notre première année, représentante de classe, membre du CÉ et déléguée au comité de parents de la commission scolaire, membre du comité de la Gazette filante, participation au club des baguettes filantes, puis coordination de ce club, etc. J’ai sauté à pieds joints dans à peu près tout ce qui passait dès le début parce que je voulais me familiariser avec le fonctionnement de l’école (et aussi parce que je suis un peu « maman-hélicoptère », pour savoir ce que vivait ma fille quand elle était à l’école…). Ce fut très enrichissant pour moi, personnellement.

Pour vous, quels sont (ont été) les défis/obstacles et les bons côtés de l’implication en classe?

Défis

Bill : Proposer des projets qui maintiennent l’attention des élèves tout au long d’un atelier, car ils peuvent vite perdre l’intérêt.

Nathalie : Après le premier atelier que j’ai animé, sur la gravité, à des élèves des trois cycles, on a dû me ramasser à la petite cuiller… j’étais complètement traumatisée par l’expérience. J’avais l’impression de n’avoir eu aucun contrôle sur le déroulement de l’activité et de n’avoir pas réussi à transmettre aux élèves ce que j’espérais qu’ils en retirent. Ça m’a pris un certain temps à m’en remettre. Par la suite, avant de me risquer à animer seule un atelier à nouveau, j’ai demandé à une maman qui est enseignante (Véronique Baudouin, pour ne pas la nommer) si je pouvais la « soutenir » dans un atelier qu’elle prévoyait animer, des jeux de français. J’ai fait ça à deux reprises, j’ai observé comment elle fonctionnait, comment elle arrivait à faire en sorte que les enfants restent intéressés et motivés à participer aux jeux, comment elle s’y prenait pour régler les petits conflits inévitables, les difficultés. Quand j’allais en classe pour des projets, j’observais aussi les enseignantes et les autres parents pour voir comment ils s’y prenaient. J’ai appris énormément en observant non seulement les enseignantes, mais aussi les parents, car nous avons tous nos trucs, ainsi que nos forces et faiblesses quand il s’agit de gérer un groupe plus ou moins grand d’enfants. Au fil du temps, et à force d’essais et d’erreurs, j’ai gagné de l’assurance et c’est devenu de plus en plus facile. En me mettant régulièrement en situation de coéducation à l’école, j’ai aussi appris à mieux connaître les élèves, ce qui facilite aussi la tâche quand on interagit avec eux et qui est aussi très gratifiant, car on sent qu’on les aide un peu à cheminer et on tisse des liens avec eux.

Obstacles

Bill : Me libérer les mercredis après-midis pour animer des ateliers.

Nathalie : À part ma réticence à me remettre dans une situation de perte de contrôle potentielle après ma première expérience traumatisante (voir ci-dessus), je n’ai pas vu beaucoup d’obstacles. Sur le plan logistique, il n’y en avait pas beaucoup parce que mon horaire de travail me permettait d’aller en classe quand je le souhaitais et qu’il y avait un besoin.

Les bons côtés

Bill : La plus grande force de l’Étoile filante, selon moi, est la communauté, les liens qui se créent entre parents, élèves et amis.

Nathalie : Avoir l’occasion de côtoyer les élèves au fil des années – six ans, en ce qui concerne la cohorte d’Elenor – et de les voir grandir et s’épanouir est le plus beau cadeau que l’Étoile filante m’a donné. J’ai aussi pu côtoyer de nombreux parents qui ont à cœur d’offrir à leurs enfants le meilleur milieu d’apprentissage et de vie possible, et j’ai tissé avec certains d’entre eux des amitiés qui, j’ose le croire, dureront longtemps…

En essayant d’être une meilleure coéducatrice, j’ai beaucoup grandi sur le plan personnel, et en plus, ma présence en classe m’a grandement facilité les interactions avec les enseignantes d’Elenor et toute l’équipe-école, des personnes que j’ai appris à connaître et auxquelles je suis extrêmement reconnaissante pour leur dévouement et tous les efforts qu’elles déploient pour offrir les meilleurs enseignement et encadrement possible à nos enfants.

Quels sont vos meilleurs souvenirs de l’école?

Elenor : Les déjeuners de Noël, les pique-niques de fin d’année, la pièce de théâtre Des livres et Zoé – chou bidou woua, jouer au hockey cosom au service de garde, la sortie de ski au 3e cycle, jouer au hockey au parc avec le service de garde.

Bill : Un petit garçon du 1er cycle, durant l’atelier sur les cartes de souhait illuminées, qui me demandait s’il pouvait faire deux cartes, puisque son père et sa mère habitent dans des maisons différentes.

Nathalie : La préparation de la pièce Des livres et Zoé – chou bidou woua, par les classes de Nadia et Anne-Julie. Quel travail par tout le monde, mais une expérience combien stimulante et enrichissante et quel beau spectacle! Les mercredis après-midis d’hiver au parc à jouer au hockey avec les élèves (un gros merci, en passant, à Origène et Martin, d’offrir aux élèves tant d’occasions de s’oxygéner le cerveau et les poumons, et de laisser les parents y participer!). Et c’est un souvenir très récent, mais je pense que le spectacle de talents des élèves de 3e cycle cette année restera gravé dans ma mémoire longtemps, surtout en songeant au chemin parcouru par les élèves qui s’y sont produits et tous les autres que j’ai eu la chance de côtoyer durant notre passage à l’Étoile filante.

Qu’est-ce qui fait que l’ÉF est différente des autres écoles selon vous?

Elenor : Il y a moins de devoirs, on est plus libres, mais je ne suis pas certaine, car je ne suis jamais allée à une autre école pour comparer.

Nathalie : Je ne sais trop comment les choses se passent dans les autres écoles. À l’Étoile filante, l’approche pédagogique qui offre aux enfants passablement de liberté dans la manière d’aborder leurs apprentissages (et qui nécessite sûrement plus de travail des enseignantes), le décloisonnement des classes qui fait en sorte que les élèves de tous âges se côtoient quotidiennement, ainsi que la présence des familles à l’école sont les aspects qui ressortent le plus à mes yeux.